Cet ouvrage se décompose en deux parties : une première intitulée « qu’est-ce que l’échec scolaire », puis une deuxième intitulée « une remédiation complexe : l’échec scolaire n’est pas une fatalité ». L’auteur nous explique que l’échec scolaire est une notion qui apparaît mouvante au fil de sa brève histoire. D’autant que « le sentiment d’échouer varie d’un élève à l’autre ; ce qui est un minimum à atteindre ou une déception pour une famille de cadres supérieurs ou d’enseignants diffère du tout au tout de ce qui est réussite exceptionnelle ou simple résignation dans une famille ouvrière ». Le terme d’échec scolaire date des années 50, mais sera largement utilisé à partir des années 60. Tentative de mettre en mot quelque chose qui n’existe pas en soi, car la notion d’échec scolaire évolue également au regard du moment socio-historique où elle est considérée. Dès lors, comment définir l’échec scolaire ? Et sans mettre à mal l’éducation républicaine ? Car le rappel constant des CSP et de leur corrélation avec le taux d’échec ne correspond t-il pas à chercher un bouc émissaire dans la fonction parentale ? L’auteur égratigne rapidement Bourdieu à ce propos, doutant de sa thèse évoquant l’école comme un outil de reproduction sociale, imposant alors un rôle neutre du corps enseignant. Théorie que Francine Best réfute... Sans vraiment (me) convaincre. D’autant qu’elle est de parti pris, puisque enseignante... Par contre, quand elle affirme que le redoublement semble engendrer l’échec, déclenchant ainsi le signal de l’échec dans la tête des gamins, elle est beaucoup plus crédible. Son constat est sans appel, l’orientation par l’échec est bel et bien une constante de notre système éducatif. Comment en sortir ? Elle aborde là les différents dispositifs qui existent actuellement, du soutien scolaire comparé à la pédagogie différenciée, méthode qui consiste à ne pas reproduire l’enseignement de masse, mais à proposer « des méthodes d’apprentissage , des approches qui conviennent à tel petit groupe d’élèves ayant des lacunes similaires ». Au final, il apparaît en conclusion que l’échec scolaire ne peut pas être traité comme une globalité, mais presque au cas par cas. Un travail fastidieux, mais indispensable. Elle propose un coup de projecteur sur quelques expérimentations (de l’époque) comme le soutien scolaire, la différenciation de la pédagogie ainsi que l’instauration des ZEP. Malheureusement, dix ans après, il est difficile de démontrer le réel impact du soutien scolaire (dans le cas où il ne fait pas office unique de garderie) et quant à la pédagogie différenciée, je vous laisse le soin de lire Jean Paul Brighelli à ce sujet (et d’autres). Concernant les ZEP, le débat reste ouvert. Cela dit, sa réflexion porte aussi en elle une critique assez juste sur les travaux en cours, qui portent plus sur l’analyse sociologique que sur la cohérence et les réponses à mettre en face. Tout ne peut pas être laissé à « l’art » du professeur ; « or, rien n’est plus porteur d’échec scolaire que de croire en ce soi-disant « art » ineffable. Si l’on ne croise pas une capacité d’enseigner une discipline avec la prise de conscience et l’élucidation des paramètres de la relation pédagogique, les aspects personnels, individuels de l’échec scolaire ne peuvent être pris en compte. Or c’est à partir de l’accumulation des échecs individuels et du fait que cette accumulation se structure en système, qu’est généré l’échec scolaire ». Echec scolaire qui reste avant d’être un problème éducatif, un phénomène social...








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